Bouches-du-Rhône
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Environnement
Prédation dans le 13 : les éleveurs s’adaptent, le loup aussi3min
Par Maritima 22/01/2026 à 17:30
Le Comité Départemental Loup s’est réuni à Aix-en-Provence ce matin pour évoquer la présence de l’animal, ses conséquences et les aides pour les éleveurs impactés. Si les attaques sont stables, le territoire de chasse du loup a une nette tendance à s'étendre vers l'ouest du 13.
La cohabitation avec le loup reste un défi dans les Bouches-du-Rhône malgré une présence historique de cet animal. Lors du comité présidé par Mathieu Gatineau, Sous-Préfet d’Aix-en-Provence, les discussions ont porté sur l'évolution de la population lupine, l'efficacité des moyens de prévention ou encore le développement des aides pour les professionnels impactés. Le Sous-Préfet a souligné l'importance de ce dialogue : « L’idée c’est de faire le point deux fois par an sur la situation de la prédation dans le département, de voir comment les mesures de protection s’installent et de voir comment on peut aussi améliorer l’accompagnement des éleveurs ». En 2025, 72 attaques pouvant être attribuées au loup ont été enregistrées, soit 150 victimes. Un chiffre stable depuis 2022. Il y aurait toujours 5 meutes dans le département, mais leur territoire s'étend.
Le loup près de la Camargue, la filière bovine touchée pour la première fois
Historiquement présent à l’est du territoire, la présence du loup s’est étendue à l’ouest (Plaine de La Crau, Camargue). François Borel, éleveur à la Roque-d’Anthéron et membre de la Confédération Paysanne précise que dans les zones historiques, la situation se stabilise, mais que la prédation augmente là où le loup colonise car les éleveurs sont « un peu dépourvus » et doivent « adapter, changer les pratiques ». Parmi ces éleveurs, ceux qui ont des bovins sont désormais impactés et c’est une première. Une part des débats a été consacrée à cette évolution de la prédation, elle reste marginale selon le Sous-Préfet qui évoque 11 bovins tués sur les 150 victimes, le reste étant des ovins et des caprins.
Juliette Fano, présidente de l'association Bovin 13, et éleveuse de taureaux à Istres participait pour la première fois à ce comité : « On est tous éleveurs avec à peu près 1 hectare et demi de surface par animal, donc rien que moi par exemple j'ai un territoire de 500 hectares. Tomber sur le loup qui s'attaque à un veau qui vient de naître, c'est très compliqué ».
La prévention, une arme efficace
Les éleveurs saluent des avancées sur la revalorisation des indemnisations pour les « effets induits » comme le stress ou les avortements, mais aussi plus de facilités administratives. La mise en place de techniques de prévention aide également les professionnels. Richard Logerot, éleveur ovins à Meyrargues a perdu plusieurs bêtes :« J'ai subi depuis 2019 sept attaques. Donc deux assez conséquentes (...) Depuis, j'ai six chiens de protection, j'ai fait électrifier tout un parc là où j'ai ma bergerie (...) Depuis que j'ai fait ça, je n’ai plus subi d'attaques ».
Photo: Comité Départemental Loup à Aix-en-Provence
Les chiens de troupeaux sont très efficaces selon les différents retours. De plus, les éleveurs peuvent bénéficier d’aides financières pour en acquérir et même les nourrir. Une solution plébiscitée malgré les tensions que peuvent engendrer la présence des chiens, parfois pointés du doigt pour leur agressivité : « C’est certainement la chose qui fonctionne a priori le mieux », confirme François Borel. « Mais le gros problème dans notre département, c'est que nos zones pastorales sont des endroits qui sont très fréquentés où il y a beaucoup d’autres utilisateurs. Donc, on est quelquefois presque plus stressés par les relations dégradées avec les autres utilisateurs que par l’inquiétude que l’on a vis-à-vis du loup lui-même ».
Au-delà des chiens, la détection des indices de présence (cris du loup, excréments etc…) reste un maillon essentiel pour anticiper les attaques.
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