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Moustiques en Provence : « Du jamais vu », pourquoi une prolifération massive est attendue en mars3min
Par Maritima 26/02/2026 à 18:08
C’est un scénario hydrologique inédit qui se joue actuellement sur le littoral provençal. Entre pluies diluviennes et douceur record, toutes les conditions sont réunies pour une prolifération fulgurante de moustiques. L’Entente Interdépartementale de Démoustication (EID Méditerranée) tire la sonnette d’alarme : avec 6 000 hectares de zones humides infestés de larves, le mois de mars s'annonce particulièrement difficile pour les riverains.
« Du jamais vu » : des pluies annuelles tombées en deux mois
Depuis la mi-décembre, le littoral méditerranéen a subi un épisode pluvieux hors norme. En seulement deux mois, les cumuls de pluie ont atteint entre 360 et 460 mm selon les secteurs. Pour les experts de l’EID, le constat est sans appel : c’est l’équivalent de la pluviométrie d’une année sèche entière qui est tombée en huit semaines.
Conjuguées à des vents marins qui favorisent les remontées des lagunes, ces précipitations ont noyé les zones humides, créant d'immenses gîtes larvaires. Les prospections ont révélé la présence de larves sur 6 000 hectares, soit plus du double de l’année dernière à la même période (2 900 hectares en 2025).
Une lutte compliquée par l'état des sols
Face à cette invasion, les agents de l’EID font face à un casse-tête opérationnel. La saturation des sols est telle que les engins de traitement terrestre ne peuvent pas s'engager sur les terrains boueux sans risquer l'enlisement.
De plus, l'utilisation des moyens aériens (avions, hélicoptères et drones) a été fortement contrainte. Résultat : seul un peu plus de 2 700 hectares prioritaires ont pu être traités à ce jour. Sur les milliers d'hectares restants, les moustiques adultes commencent déjà à émerger*, portés par un mois de février classé au troisième rang des plus doux depuis 1930.
Faut-il craindre un mois de mars noir ?
L'espèce en cause, l'Aedes detritus, est un moustique hivernal robuste. Sa particularité ? Une capacité de dispersion phénoménale : il peut parcourir plusieurs kilomètres vers l'intérieur des terres depuis les zones humides.
L'émergence massive devrait se concentrer sur le mois de mars. Si les vents de terre ou les giboulées pourraient limiter le ressenti des piqûres, la densité d'insectes sera exceptionnellement haute. L'EID précise toutefois que cette situation hivernale ne présage en rien de ce qui se passera cet été : les moustiques communs (Culex) et le moustique tigre obéissent à d'autres cycles.
Les équipes de démoustication restent mobilisées et déploient actuellement tous les moyens possibles (engins amphibies, drones) pour tenter d'atténuer les nuisances résiduelles pour la population.
* Lire aussi. Étang de Berre / Camargue : les moustiques font déjà leur retour, l’EID lance les premiers traitements
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