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Protection du loup : « Une décision insensée », One Voice dénonce un recul de 50 ans

3min

Par Maritima 16/04/2026 à 16:05

Le loup est-il redevenu l’animal à abattre ? En abaissant son niveau de protection, l’Union européenne suscite une vague d'indignation chez les défenseurs des animaux. Invitée au micro de Noria Boucenna sur Maritima Radio, Muriel Arnal, présidente de One Voice, fustige une décision politique déconnectée de la science qui menace la survie de l'espèce en France et dans nos départements. Entretien choc sur un prédateur devenu, malgré lui, l’enjeu d’une bataille de lobbies.

C’est un signal d'alarme mondial. Pour Muriel Arnal, la récente décision européenne de déclasser le loup n'est pas le fruit d'une amélioration de l'état de l'espèce, mais d'une manœuvre politique. « Ce qui est en train de changer en Europe, mais surtout en France, c’est qu’il y a une volonté de faire disparaître, de harceler les loups et de les tuer, plutôt que de privilégier la cohabitation avec la protection des troupeaux », dénonce la présidente de One Voice.

 

La France, championne de l'abattage agressif

Alors que la science estime que le loup n'a pas encore atteint un état de conservation favorable, la France figure parmi les pays les plus répressifs. Depuis 2014, environ 1 500 loups ont été tués légalement sur notre territoire. Pour 2026, le quota d'abattage devrait atteindre environ 200 individus, soit plus de 20 % de la population nationale.

Pour Muriel Arnal, cette gestion par les armes est une impasse : « On pourrait en tuer 23 % ou même plus. C’est une population en France qui n’est pas viable aujourd’hui et qui va être encore plus persécutée, alors que ce sont des animaux utiles à la biodiversité. »

 

Le paradoxe scientifique : tuer les loups augmente les attaques

L’un des arguments majeurs de One Voice repose sur une réalité biologique souvent occultée : les loups sont des animaux sociaux extrêmement intelligents. Briser une meute par un tir de prélèvement peut s'avérer contre-productif. « Les scientifiques ont prouvé que tuer des loups disperse les meutes. Quand les meutes sont dispersées, les loups perdent leurs repères et ça augmente les attaques », explique Muriel Arnal.

À l'inverse, là où la cohabitation est acceptée, comme en Italie, les attaques sont quasi inexistantes. « Un loup qui sait qu’un troupeau est protégé ne va pas revenir l’attaquer, il préférera les animaux sauvages. »

 

Le "scandale" des chiens errants et des indemnisations

Pourquoi une telle haine envers le prédateur ? Selon l'invitée de Maritima, le loup sert souvent de bouc émissaire à des problématiques que les éleveurs ne veulent pas voir, notamment celle de l'errance canine.

« En France, il y a des chiens qui vagabondent, qui divaguent, et ils peuvent attaquer les troupeaux. Les éleveurs ne veulent pas qu'on dise ça, car quand c'est une attaque de loup, ils ont des indemnisations de l'État. Quand c'est un chien, ils n'en ont pas. Donc on accuse systématiquement les loups. »

 

Le loup dans les Bouches-du-Rhône : un équilibre fragile

Chez nous, dans les Bouches-du-Rhône, la présence du loup est une réalité. Mais pour Muriel Arnal, le tuer localement ne résoudra rien sur le long terme : « Les loups parcourent des centaines de kilomètres. Les loups tués aujourd’hui seront remplacés par des loups venant d’Italie, d’Allemagne ou d’Espagne. »

One Voice a d'ores et déjà annoncé engager des recours devant le Conseil d'État et les tribunaux administratifs, notamment à Marseille, pour contester ces arrêtés d'abattage. "Aujourd'hui, n'importe quel éleveur peut tuer des loups sans autorisation aucune, puisque c'est une autorisation qui vient d'en haut. C'est gravissime sur une espèce protégée", conclut-elle.

 

Lire aussiPrédation dans le 13 : les éleveurs s’adaptent, le loup aussi

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