Marseille
-
Environnement,
Santé
« Il n’y a plus de saison » : l’alerte du Dr Pegliasco sur le retour précoce des allergies à Marseille3min
Par Maritima 10/03/2026 à 13:05
Yeux qui pleurent, nez qui coule et éternuements à répétition… Le printemps n’est pas encore là, mais les allergies, elles, sont déjà bien installées. Invité de la matinale de Maritima Radio, le Docteur Hervé Pegliasco, allergologue à l’Hôpital Européen de Marseille, explique pourquoi la saison pollinique explose plus tôt cette année et livre ses conseils pour soulager les symptômes.
Si vous avez l'impression que vos allergies ont commencé dès le mois de février, ce n'est pas une simple intuition. Le changement climatique modifie en profondeur le calendrier de la nature. « On voit que la saison pollinique se déplace dans le temps », explique le Dr Hervé Pegliasco au micro de Didier Gesualdi. « À l’heure actuelle, si l’on va dans la campagne, on voit déjà les cerisiers, les amandiers et les pruniers en fleurs. Il y a déjà des arbres qui pollinisent. »
Le cocktail explosif : vent, climat et pollution
Dans notre région, le climat joue un rôle de catalyseur. Cet hiver, marqué par une douceur exceptionnelle à l'exception d'une courte semaine de froid, a favorisé une pollinisation importante des cyprès, actifs de fin décembre à avril.
« La pollinisation est d’autant plus gênante qu’il y a du vent », précise l’expert de l’Hôpital Européen. Mais attention, la pluie n'est pas toujours une alliée : « S’il pleut, les pollens sont au sol, mais les orages peuvent faire exploser les grains de pollen et, au contraire, déclencher beaucoup plus d'allergies. »
À ce facteur climatique s'ajoute le fléau de la pollution urbaine, particulièrement présent dans la cité phocéenne. « Les pollens se greffent sur les particules de pollution, ce qui crée un "combo" beaucoup plus allergisant. De plus, la pollution irrite nos muqueuses et les rend plus sensibles à la pénétration des allergènes. »
Antihistaminiques ou désensibilisation : comment réagir ?
Face à cette recrudescence qui touche désormais un quart de la population, le Dr Pegliasco recommande une approche en plusieurs étapes :
-
L’hygiène simple : « Si vous avez une rhinite, lavez-vous le nez au sérum physiologique matin et soir pour enlever les pollens. »
-
Le traitement symptomatique : antihistaminiques, corticoïdes locaux ou collyres. Mais attention au timing : « Il faut se traiter dès les premiers symptômes. N’attendez pas d’être extrêmement gêné depuis plusieurs jours car l’inflammation rendra les médicaments moins efficaces. »
-
La désensibilisation (immunothérapie) : pour une solution durable, c'est l'option royale, mais elle demande de l'anticipation. « Elle nécessite d’être mise en place avant la saison. C’est un traitement de 3 à 5 ans qui offre une efficacité sur une dizaine d’années. »
Pas de fatalité pour les allergiques
Malgré un environnement de plus en plus complexe pour les personnes sensibles, l'allergologue marseillais se veut rassurant. « Il n’y a pas de fatalité. Il faut voir son médecin ou un allergologue, il trouvera, le plus souvent, une solution », conclut-il.
Si vos symptômes persistent, un diagnostic précis (tests cutanés ou prise de sang) reste l'étape indispensable pour identifier l'ennemi et adapter le traitement.
Retrouvez l'invité de la rédaction sur maritima radio du lundi au vendredi à 8h15 et 12h15 au micro de Didier Gesualdi
A lire aussi
Zone Etang de Berre
-
Environnement
Environnement : des associations sonnent l'alarme auprès des candidats de l’Ouest de l’étang
Vitrolles
-
Environnement
Vitrolles : le quartier des Pins s’offre un nouveau parking « vert » et solidaire
Port-Saint-Louis-du-Rhône
-
Environnement
Érosion : comment le Port de Marseille Fos veut empêcher la disparition de la Gracieuse
Châteauneuf-les-Martigues
-
Environnement
Etang de Berre : ce chantier devrait améliorer la qualité de l'eau de l'étang de Bolmon

