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Environnement
"Une contrainte", "trop compliqué" : pourquoi les Provençaux boudent encore le bac à compost2min
Par Maritima 13/01/2026 à 16:00
Deux ans après l'entrée en vigueur de la loi, le message n'est toujours pas passé en Provence. Selon le dernier baromètre Ifop x Sepur dévoilé ce lundi, la région Sud-Est fait encore figure de mauvais élève concernant les biodéchets. Plus de la moitié des habitants ignorent tout simplement qu'ils ont l'obligation de les trier.
Les enquêtes se suivent et ne se ressemblent pas. Le mois dernier, un baromètre SUEZ x Odoxa, dévoilait que le compostage est entré dans les mœurs dans notre région. Nouvelle enquête et résultat moins positif puisqu'elle montre cette fois une méconnaissance persistante de l’obligation de tri dans le Sud-est.
C'est un paradoxe étonnant. Alors que les bacs marrons et les composteurs fleurissent dans nos villes, une grande partie de la population semble hermétique à ce changement. La 3ème édition du baromètre « Les Français et leurs poubelles » pointe du doigt un retard significatif dans notre région. Ce qui était déjà le cas l'an dernier.
Le chiffre le plus marquant est celui de la méconnaissance : 54 % des habitants du Sud-Est ne sont pas au courant qu’ils doivent disposer d’une solution de tri pour leurs déchets alimentaires (épluchures, restes de repas). C'est pire que la moyenne nationale (47 %).
"Une contrainte" pour 40% des habitants
Pourquoi ce blocage ? Au-delà de l'ignorance de la règle, il y a une véritable résistance pratique. Ici plus qu'ailleurs, le tri des biodéchets est vécu comme une corvée.
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39 % des habitants y voient une "contrainte".
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30 % estiment que l'intégration de ce geste dans leur quotidien sera "complexe".
Conséquence : la pratique recule. Deux ans après l'obligation légale, plus de 4 Français sur 10 ne trient toujours pas leurs restes alimentaires.
La motivation écologique en chute libre
L'étude révèle aussi une forme de lassitude ou de scepticisme. Dans le Sud-Est, 30 % des habitants pensent que trier leurs déchets n'a pas d'impact environnemental "réellement positif". La croyance dans l'efficacité du petit geste individuel s'effrite.
D'ailleurs, l'engagement concret est faible : 90 % des sondés de la région n'ont jamais visité un centre de tri et 76 % n'ont jamais participé à une opération de nettoyage citoyen.
"Mieux informés, mais pas taxés plus"
Pourtant, les habitants ne sont pas en guerre contre leurs mairies. Ils se disent globalement satisfaits de la gestion des déchets (85 %). Mais ils ont des exigences claires à l'approche des municipales.
Ils sont 77 % à réclamer plus d'information et de pédagogie de la part de leur commune, préférant d'ailleurs recevoir un courrier papier ou le journal municipal plutôt qu'un email.
Mais attention au porte-monnaie : s'ils veulent bien trier mieux, ils refusent de payer plus. 56 % des habitants du Sud-Est sont opposés à la "redevance incitative" (payer selon ce que l'on jette) et 65 % refusent toute hausse de la taxe sur les ordures ménagères.
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