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Forum du développement durable à Salon-de-Provence : écuroducs, huile d'olive "collège" et hôtel 5 étoiles pour insectes...3min
Par Maritima 13/05/2026 à 16:32
Ce mercredi, la place Morgan de Salon-de-Provence a vibré au rythme de l’écologie. Entre bourrasques de vent et rayons de soleil, des dizaines de jeunes venus de tout le pays salonais se sont donné rendez-vous pour la 3e édition du Forum du Développement Durable. Notre reporter Michel Montagne a plongé dans cette effervescence où l'on apprend, en s'amusant, à protéger notre territoire.
C’est un véritable laboratoire à ciel ouvert. Sous la halle de la Place Morgan, une vingtaine de stands animés par des collégiens et lycéens transformés, le temps de ce forum, en ambassadeurs de la planète.
Objectif ? Sensibiliser aux enjeux de l’agenda 2030 des Nations Unies.
Un réseau scolaire uni pour la planète
Jean-Pierre Gaigne, conseiller principal d’éducation au lycée Adam de Craponne et référent développement durable, explique l'ampleur de l'événement : « Le réseau de Salon, ce sont les collèges et lycées publics et privés qui alimentent tous les établissements du secteur, de Mallemort à Lançon-Provence, en passant par Pélissanne et Lambesc. »
Cette année, l’accent est mis sur l’eau, pour célébrer les 500 ans de la naissance d’Adam de Craponne. « C’est l’ingénieur extraordinaire qui a eu l’idée de prendre l’eau de la Durance pour l’amener sur toute la Provence. Grâce à lui, l’agriculture et l’industrie sont nées ici », rappelle-t-il avec passion.
L’or vert de Lambesc et la gestion de l’eau
Au détour des allées, on découvre des initiatives locales surprenantes. Les élèves du Collège Jean Guéhenno de Lambesc proposent une dégustation d'huile d'olive... produite directement dans leur établissement ! « Elle est récoltée sur nos oliviers au collège. On a deux grands arbres, et l'huile est pressée au moulin. C'est du "Made in Lambesc" ! », s'enthousiasment les jeunes exposants.
La gestion de l’eau, nerf de la guerre en Provence, est illustrée par des maquettes géantes de la Compagnie de Craponne. Guillaume Casellla, le directeur, détaille le système complexe du canal : « On dérive les eaux de la Durance. On est un peu les "gendarmes de l’eau", on partage les droits d'eau entre tous les usagers. » Un savoir-faire qui sera également à l'honneur au prochain Salon des Agriculteurs de Provence, au Domaine du Merle, le premier week-end de juin.
SOS Écureuils : « Zéro mort sur la route »
L’un des stands les plus insolites est sans doute celui de l'association SOS Écureuil Salon-de-Provence. Jean-Marc Jantzen y présente ses "écuroducs", mis en place suite à des incidents tragiques constatés dans son verdoyant quartier des Broquetiers : « J’ai trouvé trop d'écureuils écrasés sur la route dans mon quartier. L'idée est de les sauver en tendant entre deux arbres des cordes d'escalade récupérées et qui vont ainsi surplomber la voie dangereuse. On installe des mangeoires de chaque côté pour les habituer à circuler sur les cordages tressés, puis ils traversent en toute sécurité. »
Une invention qui porte ses fruits : dans son jardin, la population de petits rongeurs a triplé, passant à cinq individus permanents. Le budget de l'opération ? « Pratiquement zéro, c'est de la récup' : des cordes et des lattes de sommier pour les cabanes ! ». Des cabanes dont l'objectif est à échéance d'abriter les mamans et leurs nouveaux-nés.
Des hôtels 5 étoiles pour la biodiversité
Les éco-délégués du collège La Présentation de Marie s'activent de leur côté sur la construction d'hôtels à insectes sophistiqués. Baptiste nous en livre la recette : « On met des brindilles, de l'écorce, des épines de pin, de la mousse, des morceaux de tuiles et de feuilles. On va l'installer dans le jardin partagé du collège. »
Pour ces élèves, le projet a aussi une vertu pédagogique : vaincre les phobies. « Avant, je n'aimais pas les fourmis, mais maintenant ça va ! », confie l'une d'eux. Et leur engagement ne s'arrête pas là, puisqu'ils collectent également des bouchons en plastique et en liège pour financer des fauteuils roulants pour les personnes handicapées.
« Apprendre à lever le nez de son écran »
Pour la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), présente également sur place, l’enjeu est de reconnecter les enfants à leur environnement immédiat. Patricia Carrier insiste sur l'éveil des sens : « On leur montre qu'il y a d'autres choses que les gabians ou les pigeons. On leur apprend qu'un vautour a une envergure de 2m70, alors que le roitelet ne pèse que 5 grammes, le poids d'une feuille de papier. Il faut leur apprendre à lever le nez et regarder ailleurs que leurs écrans. »
Malgré les bourrasques de vent obligeant certains stands à plier bagage en fin de matinée, le message est passé : à Salon, la nouvelle génération est prête à prendre le relais pour une Provence plus verte.
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