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Six mois après l'incendie de Marseille, des sinistrés de l'Estaque dénoncent "l'extrême lenteur" des procédures

3min

Par Maritima 07/01/2026 à 11:17

Six mois après l'incendie ayant touché le nord de Marseille, des riverains de l'Estaque ont créé une association pour réclamer une "meilleure prise en charge" et dénoncer "l'extrême lenteur" des procédures devant mener à la reconstruction des maisons sinistrées.

À ce jour, "aucun travaux n'ont pu être entrepris à cause de l'extrême lenteur de la conduite des expertises et contre-expertises par les différentes assurances concernées", déplore dans un communiqué publié mardi "l'Association des victimes de l'incendie du 8 juillet à Marseille".

Ce jour-là, à Marseille terrassée par la canicule, un incendie a parcouru 750 hectares et causé d'importants dégâts dans la commune des Pennes-Mirabeau, puis au quartier de l'Estaque: plus de 90 habitations ont été touchées et l'écrasante majorité d'entre elles ont été déclarées "non habitables" par les autorités locales dans la deuxième ville de France.

Six mois plus tard, dans le quartier pittoresque et populaire aux élégantes villas surplombant la Méditerranée et le port, certaines maisons affichent toujours les stigmates: des toitures effondrées, une structure en parpaing calcinée.

Formée à la mi-décembre, dans le sillon d'un collectif venu en aide aux sinistrés, l'association veut "devenir l'interlocuteur des pouvoirs publics et des assurances, afin d'assurer un meilleur suivi et une meilleure prise en charge des personnes sinistrées."

Pour cela, elle réclame aux autorités un "Comité Local d'Aide aux victimes" (Clav), structure garantissant un suivi des dispositifs d'aide, notamment en terme d'indemnisation et d'accompagnement dans les démarches administratives.

Contactée par l'AFP, la préfecture des Bouches-du-Rhône a confirmé la tenue d'un Clav. Avec une première réunion potentiellement début février selon une source proche du dossier.

L'association a recensé 478 personnes "sinistrées" à des degrés différents, explique sa présidente Mathilde Favier. "Pas tout le monde a dû quitter sa maison, mais il y a quand même quasi-100 maisons inhabitables."

Elle ne peut pas rentrer chez elle. "Il faut tout refaire, le sol, la peinture. Les meubles, on a dû tout jeter, il n'y a plus de toit, le premier étage a entièrement brûlé", déplore-t-elle. "On parle de plusieurs centaines de milliers d'euros."

Pour son logement temporaire, son assurance couvre 12 mois de loyers. Mais en fonction des assurances, certains habitants ont une couverture plus réduite.

L'association réclame des explications sur "l'intervention extrêmement tardive des secours", explique Mme Favier. "Il n'y a pas eu de pompiers, pas de Canadair pendant des heures."

"On a besoin de comprendre ce qui s'est passé. Tout simplement parce que si dysfonctionnement il y a eu (...) il faut s'assurer que ça ne se reproduise pas."

 

© Agence France-Presse

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