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Justice
Marseille: prison ferme pour deux policiers ayant frappé une serveuse et des clients2min
Par Maritima 12/02/2026 à 07:02
Deux policiers marseillais ont été condamnés mercredi à deux ans de prison, dont un avec sursis probatoire, pour des violences aggravées, commises alors qu'ils étaient ivres et hors service, sur la serveuse et trois clients d'un snack de nuit.
La partie ferme d'un an sera purgée sous bracelet électronique. Le tribunal correctionnel de Marseille leur a interdit, durant cinq ans, d'exercer la profession de policier et de porter une arme.
Qualifiés de "cowboys" par les avocats des parties civiles, de "miliciens" par la procureure, Anthony H., 31 ans, et Mehdi B., 37 ans, affectés à la brigade de nuit de Police Secours, sont reconnus coupables d'avoir provoqué une violente bagarre dans un snack en juillet 2025.
Fêtant une crémaillère, Anthony H. s'était rendu vers 3 heures du matin au snack où la serveuse venait de régler pacifiquement un différend avec un client qui avait dérobé un couteau.
En état d'ivresse avancé, le policier appelait à la rescousse ses collègues pour tenter de se lancer aux trousses de ce dernier.
A la serveuse, Anthony H. et son collègue Mehdi B. réclame avec véhémence les images de vidéosurveillance. Quand elle refuse, la jeune femme est violemment poussée sur la vitrine.
Elle a aussi évoqué "une énorme gifle."
Des clients venus se restaurer après un déménagement ont tenté d'apaiser la situation --"Tonton, calme-toi s'il te plait", lançait l'un d'eux à Mehdi B. Le policier, après s'être emparé d'une matraque télescopique, leur administrait des coups.
Les enregistrements vidéo réalisés par la serveuse avec son téléphone illustrent l'excitation des policiers ivres: "C'est moi la police, c'est moi qui commande", entend-t-on notamment.
Lors des débats, la procureure avait vilipendé le comportement des deux policiers. Elle avait requis vingt-trois et vingt-quatre mois de prison ferme contre les deux fonctionnaires.
"Que font-ils encore dans la police?", a questionné la procureure, évoquant leurs casiers judiciaires portant, pour Anthony H., la trace de condamnations, notamment pour violences conjugales, et sur le compagnon d'une ex-épouse pour Mehdi B..
Ancien militaire, parachutiste puis commando de montagne, Anthony H. a admis avoir "un problème avec l'alcool" --à la suite de la mort d'un camarade sur un théâtre d'opérations au Mali, explique-t-il.
Refusé par la gendarmerie en raison d'un casier judiciaire portant cinq mentions, il a été intégré en 2022 dans la police nationale qui l'a affecté sur la voie publique.
Un client, jugé pour un coup de poing administré à Mehdi B, a été relaxé comme l'avait requis la procureure. Le tribunal a estimé qu'il était en légitime défense.
© Agence France-Presse
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