Le tribunal a prononcé contre eux une interdiction de paraître sur le Grand Port Maritime de Marseille pour une durée d’un à trois ans et a ordonné l’exécution provisoire de cette mesure, ce qui met provisoirement un terme à leur activité de docker.
"Ces faits graves ont été commis dans l’exercice de vos fonctions dans une zone où vous n’aviez pas accès, avec des contrôles franchis grâce à des complicités, la porosité du port ayant été démontrée dans ce dossier" a expliqué la présidente Azanie Julien-Rama.
Qualifiés de commanditaires, organisateurs d’un trafic que les douanes chiffrent à vingt-neuf importations entre août 2024 et janvier 2025, soit quelque 14.000 cartouches, un ouvrier tunisien et le gérant d’une alimentation d’Aubagne, près de Marseille, ont été condamnés à trois ans de prison avec mandat d’arrêt pour le premier et maintien en détention pour le second qui comparaissait détenu.
La procureure a déploré la "professionnalisation" du trafic de cigarettes, dont des. Elle a pointé des réseaux d’importation qui adoptent les schémas du trafic de stupéfiants et privent l’Etat de 400 millions d’euros de recettes fiscales.
Le gérant de l’alimentation avait été condamné en 2020 à six ans de prison pour importation de stupéfiants. Le tribunal a jugé qu’il était "celui qui donne des instructions aux dockers et les rémunère".
Son défenseur Me Thierry Ospital avait appelé le tribunal à "ne pas donner à ce dossier une dimension qu’il n’a pas". Avocat de l’ouvrier tunisien prétendument à la tête du réseau, Me Jérôme Pouillaude a contesté "le rôle de grand manitou" que l’accusation lui prête tout comme le surnom de "Clando millionnaire" véhiculé par la rumeur.
Les dockers dont deux étaient présents à l’audience avaient reconnu leur participation au déchargement des cigarettes et avoir eu pour mission d‘escorter les convois à l’extérieur du port. Leurs avocates, Me Stéphanie Deirmendjian et Mathilde Duranthon les ont présentés comme "des petites mains s’étant laissé embarquer", aujourd’hui "réinsérés et cochant toutes les cases du bon prévenu".
Un jeune convoyeur, remplaçant d’un prédécesseur ayant été écarté après un vol de cigarettes pour 60.000 euros, a été condamné à 18 mois de prison avec un mandat de dépôt à effet différé.
Le tribunal a condamné les six prévenus à payer plus d’1,5 millions de droits fraudés.
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