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Loi sur la fin de vie : l'ADMD attend la mise en œuvre avec inquiétude4min
Par Raphael Khayat30/10/2026 à 12:05
Gilles Gauthier reste vigilant. A l’approche de la Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité, le représentant de l’ADMD 13 détaille sur Maritima son soulagement, mais aussi ses inquiétudes avant la mise en œuvre de la loi sur la fin de vie.
L'année 2026 est définitivement une année majeure pour l'ADMD. Après l’adoption à l’unanimité de la loi renforçant les soins palliatifs au mois de mai, le texte autorisant l'aide active à mourir a été promulgué le 18 août 2026. Une avancée historique saluée par Gilles Gauthier, délégué départemental de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD 13).
Pourtant, sur le terrain hospitalier et auprès des malades, le texte n'est pas encore opérationnel. « C’est une grande satisfaction puisque nous rejoignons les différents pays européens qui avaient déjà une aide à la fin de vie. Mais la loi, même si elle a été votée et promulguée, ne pourra être mise en œuvre que lorsque les décrets d'application et les dispositifs réglementaires seront publiés. On peut penser qu’ils interviendront soit d’ici la fin de l’année 2026, soit au tout début 2027 », précise-t-il à notre micro.
Suicide assisté et euthanasie : deux modalités et cinq critères stricts
Pour la première fois en France, la loi encadre légalement l'interruption volontaire de vie selon deux modalités distinctes :
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L'auto-administration de la substance létale par le patient lui-même (le modèle du suicide assisté, connu en Suisse).
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L'administration par un soignant ou un aidant si le patient n'a plus la capacité physique d'accomplir le geste (le modèle de l'euthanasie, connu en Belgique).
Toutefois, l'accès à ce droit demeure sous conditions très strictes. Pour en bénéficier, le patient doit satisfaire cinq critères cumulatifs :
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Être majeur (âgé d’au moins 18 ans).
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Être de nationalité française ou résider de façon stable et régulière sur le territoire.
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Être atteint d'une affection grave et incurable engageant le pronostic vital.
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Présenter des souffrances physiques ou psychologiques intolérables et inapaisables.
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Être apte à manifester sa volonté libre et éclairée, avec un discernement intact.
« Il est impératif que le malade soit en capacité de réitérer son consentement au moment ultime, précise Gilles Gauthier. Son discernement ne doit pas être altéré. C'est ce qui commence à poser débat. Cela signifie que les maladies psychiatriques ou certaines pathologies neurodégénératives comme Alzheimer, la maladie de Charcot à un stade avancé ou la chorée de Huntington n'ouvrent pas droit à l'aide à mourir. »
Directives anticipées, collégialité : les lignes rouges de l'ADMD
Largement consultée par l'État dans la rédaction des futurs décrets d'application via sa commission juridique, l'ADMD maintient une vigilance maximale pour éviter que des verrous administratifs ne vident la loi de sa substance.
Parmi les priorités défendues par Gilles Gauthier :
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Le respect absolu des directives anticipées : « Nous souhaitons que les directives anticipées soient pleinement respectées afin que les malades puissent faire savoir qu'ils refusent l'acharnement thérapeutique, qu'ils exigent une fin de vie digne et qu'ils ne souhaitent pas servir de cobayes. »
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La notion de pronostic vital : L'association veille à ce que l'exigence d'un pronostic vital engagé à court ou moyen terme ne devienne pas un couperet excluant les malades souffrant d'affections incurables à évolution lente.
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Le libre choix du patient : Si l'évaluation médicale collégiale est nécessaire, la décision finale doit appartenir à l'individu : « Il responsable de sa propre fin de vie. C’est à lui de consentir ou non. »
Ciné-débat à Eyguières, arbre de la liberté à La Ciotat et annonce nationale le 2 novembre
Dans le cadre de la Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité, l'ADMD déploie plusieurs initiatives citoyennes dans le Sud :
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Ce vendredi 30 octobre à Eyguières (19h30) :
Projection exceptionnelle du film Cosmos au cinéma Le Grenier de l'Alcazar, en partenariat avec la Ligue de l'enseignement, la Fédération des œuvres laïques (FOL), la MGEN et la Ville d'Eyguières, suivie d'un débat ouvert au public. -
Lundi 2 novembre à La Ciotat (12h15) :
Plantation d’un arbre symbolique — un micocoulier de Provence — sur la place Louis-Marin, en présence d'élus et de militants associatifs.
Gilles Gauthier a également levé le voile sur une annonce officielle programmée pour ce lundi 2 novembre : « Il devrait être annoncé au niveau national la création d'un centre d'études pluridisciplinaire sur l'aide à mourir. Ce centre permettra d’appuyer et d'éclairer la volonté de l’ADMD au cours des travaux réglementaires à venir sur les décrets d’application. »
À lire aussi : Aide à mourir, loi agricole, loi Ripost,... ce que valide le Conseil constitutionnel
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