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Protoxyde d’azote : pourquoi la « campagne choc » du gouvernement inquiète des professionnels de l'addictologie3min
Par Maritima 14/04/2026 à 10:41
La guerre contre le « gaz hilarant » est-elle mal engagée ? Quelques jours après le lancement par le gouvernement d'une campagne de communication musclée et l'annonce de nouvelles sanctions pénales, la Fédération Addiction monte au créneau.
Dans un courrier adressé notamment à Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, et à Stéphanie Rist, ministre de la Santé, Catherine Delorme, présidente de la Fédération Addiction, plaide pour un « choc de la prévention » plutôt que pour une simple réponse policière. À Marseille comme partout dans le Sud, l'enjeu est de ne pas couper le lien avec une jeunesse de plus en plus exposée.
Un constat alarmant
Le constat de départ fait l'unanimité : l'usage détourné du protoxyde d'azote n'est plus un phénomène marginal. Sur le terrain, à Marseille ou autour de l'Étang de Berre, les professionnels de l'addictologie voient arriver des jeunes en souffrance.
Atteintes neurologiques graves, accidents de la route liés à la désorientation, addictions réelles... la réalité est documentée. Cependant, pour Catherine Delorme, présidente de la Fédération Addiction, la réponse actuelle de l’État fait fausse route après le lancement d'une campagne choc contre le protoxyde d'azote.
La peur et la prison : des « solutions » inefficaces ?
Le gouvernement envisage la création d’un délit d’usage détourné. Une mesure qui inquiète les experts. « Les approches centrées sur la communication spectaculaire ou la pénalisation des usagers ne permettent pas de prévenir efficacement les consommations à risque », écrit la présidente dans son courrier officiel.
Selon la Fédération, la répression risque de produire l'effet inverse de celui recherché :
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Stigmatisation accrue des jeunes consommateurs.
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Éloignement des dispositifs de soin par peur de la police.
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Renforcement du sentiment d'abandon dans certains quartiers sensibles.
Pour un véritable « choc » de la prévention
Plutôt que d'empiler des mesures symboliques, les professionnels réclament des moyens pour ce qui "marche vraiment". Ils appellent à un changement de paradigme fondé sur l'expérience acquise avec le tabac ou le cannabis.
La Fédération Addiction demande notamment :
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Un renforcement massif des interventions en milieu scolaire et universitaire.
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Une information crédible et non stigmatisante pour les jeunes.
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Le soutien des Consultations Jeunes Consommateurs (CJC), structures de proximité essentielles pour maintenir le lien social.
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Une meilleure prise en compte de la santé mentale, souvent liée aux conduites addictives.
« On ne peut pas se contenter de faire peur », martèle la Fédération Addiction. Pour elle, le salut passera par un travail conjoint entre les acteurs de santé et les pouvoirs publics, afin de construire une réponse réellement protectrice pour la jeunesse provençale.
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