Marseille
-
Santé,
L'invité(e) de la rédaction
L’IA, le nouvel atout numérique des chercheurs marseillais contre le cancer du pancréas3min
Par Maritima 04/02/2026 à 09:40
En cette Journée Mondiale contre le cancer, la Fondation ARC met en lumière une alliée de taille : l'Intelligence Artificielle. À Marseille, au sein de l'Institut Paoli-Calmettes, la chercheuse Anne-Sophie Chrétien utilise l'IA pour traquer l'un des cancers les plus redoutables : celui du pancréas. Une avancée majeure pour un diagnostic qui, jusqu'ici, arrivait souvent trop tard.
C’est un paradoxe français : alors que 70 % des établissements de santé utilisent déjà l’Intelligence Artificielle (IA) pour diagnostiquer ou traiter les cancers, près de 7 Français sur 10 ignorent encore son utilité concrète à l’hôpital. Pire, selon une étude Fondation ARC/Opinion Way, 60 % des moins de 35 ans la considèrent comme un simple « gadget ».
Pourtant, sur le terrain, à Marseille, l’IA est tout sauf un accessoire. Elle est devenue le bras droit indispensable d'Anne-Sophie Chrétien, docteure en pharmacie et chercheuse au Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille (CRCM).
Le défi du pancréas : diagnostiquer l'invisible
Le cancer du pancréas est l'un des plus difficiles à traiter. La raison est simple : il est « silencieux ». « C'est un cancer qui est la plupart du temps asymptomatique au stade précoce. Il va être diagnostiqué dans 80 % des cas à des stades non opérables », explique Anne-Sophie Chrétien au micro de Maritima.
L’enjeu est donc de gagner la course contre la montre. Grâce à un projet soutenu par la Fondation ARC à hauteur de 830 000 euros, l'équipe marseillaise développe un outil de dépistage par simple prélèvement sanguin.
L’IA, une "super-calculatrice" au service du sang
Comment l'IA peut-elle voir ce que l'œil humain rate ? En analysant des milliards de données issues de nos cellules immunitaires. « On cherche des anomalies de l’immunité qui sont présentes dans la tumeur mais très difficiles à détecter dans le sang », précise la chercheuse.
Pour y parvenir, les scientifiques utilisent des technologies de pointe générant des quantités astronomiques d'informations. Sans l'IA, l'analyse serait impossible. « L’IA a deux avantages : elle réduit considérablement le temps d’analyse et elle nous permet d’extraire des informations qui sont totalement inaccessibles avec des approches classiques », martèle Anne-Sophie Chrétien. « L’IA s’est imposée comme un outil indispensable. Elle nous permet aujourd'hui d’extraire des informations totalement inaccessibles avec les approches plus classiques », ajoute Anne-Sophie Chrétien.
Anticiper la réponse aux traitements
Au-delà du diagnostic, l’IA marseillaise s'attaque à la personnalisation des soins. Grâce à des algorithmes de "machine learning", les chercheurs parviennent à identifier des signatures de réponse aux immunothérapies ou à prédire la toxicité des traitements.
En clair, l'IA pourrait bientôt dire au médecin, avant même le début des soins : "Ce patient va réagir positivement à cette chimiothérapie, mais celui-ci risque de développer une résistance". Une aide à la décision qui évite des protocoles lourds et inefficaces.
L'humain reste le seul maître à bord
Face aux fantasmes ou aux craintes d'une médecine déshumanisée, Anne-Sophie Chrétien se veut rassurante. Si l'IA est un outil de pointe, elle ne remplace jamais le praticien. « L’IA ne va pas être destinée à se substituer à un médecin. Son rôle est d'enrichir les décisions thérapeutiques. Nos oncologues vont disposer d'informations supplémentaires pour adapter parfaitement la prise en charge », explique-t-elle à Didier Gesualdi.
À Marseille, l'aventure ne fait que commencer. Si le projet se concentre sur le pancréas, les applications de l'IA se multiplient déjà pour les cancers du sein, du poumon ou de l'ovaire. Le "tournant" de l'intelligence artificielle est pris, et il pourrait bien, dans les années à venir, changer définitivement le visage de la lutte contre le cancer.
Retrouvez l'invité de la rédaction sur maritima radio du lundi au vendredi à 8h15 et 12h15 au micro de Didier Gesualdi
A lire aussi
France
-
Santé
Santé mentale : pourquoi l'intelligence artificielle devient-elle le nouveau confident des jeunes ? L'avis de la coach Maritima
Port-de-Bouc
-
Santé
La Maison de Santé des Comtes à Port-de-Bouc décroche le label national "France Santé" : "Cela va renforcer notre attractivité"
France
-
Santé
Végétarien, végétalien, végan : quelles différences et quels risques ? Les conseils du coach Maritima
Istres
-
Santé
« Les Gardiens du Deven » : les cavaliers, acteurs crèvent l'écran à Istres !

