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"Il ne faut pas lésiner" : à l'Hôpital de La Timone, une journée pour apprendre à sauver sa peau

3min

Par Maritima 11/06/2026 à 19:04

À l’approche de l’été, la vigilance est de mise sous le soleil marseillais. Ce jeudi 11 juin, le hall de La Timone 2 s’est transformé en centre de sensibilisation géant. Entre quiz, conseils d’experts et témoignages poignants, notre reporter Laurence Durandau a suivi ce "Fil Rouge" dédié à la lutte contre les cancers de la peau. Objectif : informer pour mieux protéger.

Dans le nouveau bâtiment de La Timone, un "cœur rouge vif et scintillant" accueille les visiteurs. C’est le point de ralliement de cette journée nationale d'information sur les cancers de la peau organisée par l’AP-HM. Ici, pas de dépistage sauvage, mais une mission essentielle : la sensibilisation.

Pour cette nouvelle édition, l'équipe du service dermato-oncologie mobilisée dans la bonne humeur a misé sur une déco vitaminée. Autour d'une farandole de chapeaux, le ton est donné pour informer le public de passage à l'hopital. Des panneaux notamment sur l'exposition aux UV au travail, une vidéo pédagogique pour reconnaitre le "vilain petit canard" c'est à dire le mélanome ou encore un quizz pour tester ses connaissances en matière de protection solaire. Les passants ne se font pas prier pour faire une halte et poser des questions au personnel soignant.

 

 

"Un petit cancer, à tort" : le combat de Magali Perona

Parmi les stands, une voix porte : celle de Magali Perona, fondatrice et présidente d'Esprit Soleil, association de prévention solaire. Son histoire est un électrochoc. « J'ai été touchée par un cancer de la peau dès l'âge de 11 ans. Une vingtaine d'années après, vers 30 ans, différents cancers sont de nouveau survenus, me touchant essentiellement au visage », confie-t-elle au micro de Maritima.

Sa mission aujourd'hui ? Éviter aux autres son parcours de vie. « C'est malheureusement un cancer considéré souvent comme un "petit cancer", à tort, j'insiste. Il y a une nécessité absolue de sensibiliser dès le plus jeune âge. » C'est pourquoi son association intervient désormais dans les écoles maternelles et primaires de la région pour casser le mythe : « Le bronzage n'est pas un synonyme de santé, c'est une réaction de défense face aux agressions des rayons UV. »

 

 

Savoir identifier l'alerte : la règle "ABCDE"

Pour savoir quand s'inquiéter, une règle d'or à retenir ABCDE :

  • A comme Asymétrie : une lésion asymétrique doit alerter.

  • B comme Bordures : des bords irréguliers sont suspects.

  • C comme Couleur : une couleur non homogène est un critère.

  • D comme Diamètre : une taille supérieure à 6 mm.

  • E comme Évolution : « C'est la lettre la plus importante », martèle Magali Perona « Toute lésion qui évolue de façon péjorative sur plusieurs semaines ou mois doit conduire à consulter. »

 

 

"Tartiner" plutôt que saupoudrer : le mode d'emploi de la crème solaire

Côté atelier, Isabelle Ziani-Guez, infirmière en consultation dermatologique, bouscule les habitudes des visiteurs. À la question "quelle quantité de crème appliquer ?", la réponse surprend souvent. « Pour le visage, on en met deux cuillères à café. Pour le corps entier, c'est six cuillères à café ! », explique-t-elle.

Thomas, un auditeur de Maritima venu d'Allauch pour consulter n'en revient pas : « D'habitude, je mets un petit coup sur les bras ou la nuque avant la piscine. Là, j'apprends qu'il faut en mettre partout, même quand il fait nuageux, et renouveler toutes les deux heures. »

L'infirmière insiste sur les zones oubliées : « Il faut en mettre partout : le haut des oreilles, la nuque, le décolleté, le dos des mains et le dessus des pieds. »

 

 

Le désert médical : le médecin traitant comme "filtre" indispensable

Pour le Docteur Nausicaa Malissen, du service dermato-oncologie de l’AP-HM, l'auto-surveillance est la première arme. Bien que les carcinomes basocellulaires représentent 70 % des cas et évoluent doucement, le mélanome, plus rare (10 %), reste le plus grave.

Face à la difficulté d'obtenir un rendez-vous (parfois un an d'attente), le Dr Malissen rappelle l'importance du parcours de soins. « En France, il y a environ 4 dermatologues pour 100 000 habitants. Il est impossible de voir tout le monde », explique-t-elle.

La solution ? Passer par son médecin généraliste. « C’est lui qui va pouvoir nous adresser le patient via la télé-expertise. À La Timone, dès qu'on a un courrier de médecin avec une photo suspecte, on peut voir le patient très rapidement, en quelques jours. »

La journée s'est poursuivie jusqu'à 16h30 dans le hall de La Timone 2, avec notamment une loterie organisée par Clélia, stagiaire au service dermato-oncologie, permettant de gagner des kits de protection solaire. Une manière ludique de rappeler que face au soleil, la prévention est le meilleur des remèdes.

 

 

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