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Santé
« On attend ça depuis 25 ans » : le directeur Loïc Mondoloni en dit plus sur le futur visage de l’Hôpital de Martigues3min
Par Maritima 19/02/2026 à 06:31
Invité du journal de Maritima Radio, Loïc Mondoloni, directeur du Centre Hospitalier de Martigues depuis cinq ans, a détaillé le plan d’investissement colossal de 60 millions d’euros. Modernisation des urgences, réponse aux risques industriels et transformation des métiers : le directeur fait le point sur les grands chantiers à venir.
Avec 1 800 professionnels, dont 200 médecins, l’Hôpital de Martigues est, avec la commune, le premier employeur de la ville. Mais au-delà des chiffres, c’est son rôle de pilier sanitaire qui est aujourd'hui réaffirmé. De Port-Saint-Louis-du-Rhône à Marignane, l’établissement assure plus de 200 000 consultations par an.
60 millions d’euros pour « l’Hôpital des Rayettes »
Le projet phare, attendu depuis un quart de siècle, va enfin sortir de terre. « C’est un projet colossal que nous nous réjouissons de porter, car il était attendu depuis presque 25 ans », confie Loïc Mondoloni au micro de Manuel Danloy.
Ce plan de 60 millions d'euros prévoit :
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Une extension de 7 000 m² et la réhabilitation de 3 000 m² existants.
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La reconstruction intégrale du service des urgences.
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La modernisation complète du bloc opératoire (avec une augmentation du nombre de salles).
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Une mise aux normes du service de réanimation et de soins intensifs.
Le calendrier est désormais fixé : les travaux débuteront en 2029, avec une livraison de la première phase prévue pour 2031. Un enjeu crucial pour le territoire, notamment pour répondre aux besoins spécifiques liés aux risques industriels des usines environnantes.
Des urgences saturées : « Nous accueillons 52 000 passages par an »
L’urgence de ces travaux se lit dans les statistiques de fréquentation. L’Hôpital de Martigues abrite aujourd'hui le 3ème service d'urgences le plus important du département, derrière l’Hôpital Nord et La Timone à Marseille.
« Notre service est actuellement dimensionné pour 35 000 passages, mais nous en accueillons 52 000 », explique le directeur. L'objectif de la reconstruction est de porter la capacité d'accueil à 60 000 passages annuels, afin de pallier la raréfaction de la médecine de ville et des spécialistes sur le territoire.
Polémique sur les suppressions de postes : « Une transformation, pas une réduction »
Interrogé sur les inquiétudes de la CGT concernant la suppression potentielle de 90 postes d'ici 2030, Loïc Mondoloni a tenu à clarifier la stratégie de l'établissement. S'il reconnaît les difficultés financières communes à de nombreux hôpitaux publics, il réfute l'idée d'un affaiblissement des effectifs.
« Le budget présenté fin 2025 était une photographie à un instant T d'un hôpital qui ne bouge pas. Mais notre objectif est de nous étendre et de nous développer », assure-t-il. Selon lui, le projet global prévoit une création nette d'emplois supérieure aux postes potentiellement transformés.
Le directeur mise sur l'évolution de la médecine : « La façon dont les patients étaient pris en charge hier ne sera pas la même demain. On passe de l'hospitalisation complète à l'ambulatoire. Dans certains cas, comme pour les chimiothérapies, le "bloc opératoire" ou le soin se déplace presque à domicile avec un simple cachet. C'est une transformation des compétences. »
Maintenir la proximité à Martigues, Istres et au Vallon
En parallèle des Rayettes, le site du Vallon (Gériatrie et Psychiatrie) achèvera sa propre transformation en 2027. « C’est un lieu où l'on reste parfois plusieurs années, c'est quasiment un domicile. Les problématiques hôtelières y sont essentielles », rappelle-t-il.
Loïc Mondoloni conclut sur un message d'engagement envers la population : « Le territoire a la chance d'avoir un établissement de proximité avec des antennes dans de nombreuses communes. Notre objectif est que la population puisse continuer à être accueillie à Martigues de la même façon qu'elle le serait dans sa propre ville. »
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