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Prix du carburant. « Il n'y aura bientôt plus d'infirmiers à domicile » : l'alerte lancée depuis Martigues2min
Par Manuel Danloy23/09/2026 à 14:23
Alors que le gouvernement annonce la création d'un "bonus territoires ruralité" de 80 euros pour soutenir les infirmières libérales face à l'explosion du prix des carburants, la grogne monte sur le terrain. Maehva, infirmière libérale dans la région martégale, dénonce une mesure déconnectée de la réalité et un mépris pour une profession dont les tarifs sont gelés depuis 15 ans.
C’est une annonce qui devait apaiser, mais qui a fini par mettre le feu aux poudres. Ce mardi, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a dévoilé un dispositif d’aide destiné aux « grands rouleurs » du secteur médical : 80 euros pour celles et ceux parcourant plus de 100 kilomètres par jour. Pour Maehva, infirmière libérale à Martigues, le compte n’y est pas. « Absolument pas ! Ce n’est pas du tout ce qu’on voulait », tranche-t-elle ce midi sur Maritima Radio.
« 120 euros d'essence par semaine »
Pour comprendre l'amertume de la profession, il suffit de regarder le carnet de bord de ces soignants. Maehva enchaîne les visites à domicile, indispensable trait d'union pour les patients de l'Étang de Berre. Mais à quel prix ? « Le carburant, c’est un budget de 120 euros par semaine. Et le forfait kilométrique, lui, n’est que de 2,75 euros brut. Il faut bien le signaler : c’est du brut ! Une fois qu'on enlève nos charges, qui s’élèvent à 60 %, il ne reste presque rien. »
Une situation d'autant plus critique que le prix des actes médicaux, lui, n'a pas bougé depuis 15 ans. « On se déplace réellement pour 3,50 € par prise de sang dans notre poche », calcule-t-elle avec amertume.
Le collectif SILEC monte au créneau
Maehva n’est pas seule. Membre du collectif CILEC (Collectif Infirmiers en Colère), elle porte des revendications claires pour la survie du soin à domicile :
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L’augmentation immédiate de l’indemnité de déplacement à 3,50 € brut par patient.
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L'application immédiate de l'avenant sur l'augmentation des actes, initialement prévu pour novembre 2026.
« On nous demande encore des efforts, de modifier nos rythmes, nos salaires... alors que l'inflation continue de grimper. On ne peut plus attendre. »
Vers une désertion du soin à domicile ?
Le risque, à terme, est de voir les infirmières libérales jeter l'éponge. Si les conditions ne s'améliorent pas, le système de santé pourrait se gripper un peu plus : « Pour certains patients, il faudra aller se faire soigner directement à l'hôpital. Il n'y aura plus d'infirmiers à la maison », prévient Maehva.
Inspirées par la mobilisation des pêcheurs ou d'autres secteurs en lutte, les infirmières libérales de la région n'excluent pas des actions plus musclées sur le terrain dans les semaines à venir. « On y pense, bien sûr », conclut Maehva.
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