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Santé
« Chaque semaine compte » : comment l'ARS Paca veut accélérer la prise en charge des cancers2min
Par Cassandre Amouroux03/11/2026 à 06:20
Alors que plus de 311 000 personnes sont aujourd'hui suivies ou traitées pour un cancer en Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'Agence Régionale de Santé (ARS) engage sa deuxième feuille de route régionale à l'horizon 2030. Invitée sur Maritima, le Dr Élodie Crétel-Durand, médecin référente cancers et soins palliatifs à l'ARS, présente les grandes orientations de ce plan d'action centré sur la prévention précoce, le déploiement du « Mammobile » et l'expérimentation du dépistage du cancer du poumon.
Si la mortalité par cancer en Paca demeure légèrement inférieure à la moyenne nationale (185 décès pour 100 000 habitants contre 195 en France), la maladie reste la première cause de mortalité dans la région avec près de 13 500 décès annuels.
Une incidence en hausse portée par la démographie et le vieillissement
En 2023, 44 500 nouveaux patients ont entamé un traitement actif contre le cancer en région Paca. Si le nombre de nouveaux cas a progressé de 9,2 % entre 2017 et 2023, cette évolution est presque exclusivement liée à la dynamique démographique : « On a une augmentation du nombre de cancers, mais ça c'est un peu partout en France, c'est lié au vieillissement de la population. Là où on a une particularité régionale, c'est qu'on a moins de décès liés au cancer. Cela n'empêche pas que le cancer représente quand même 25 % des décès en région, c'est la première cause. »
Agir sur les 40 % de cancers évitables dès le plus jeune âge
Le premier pilier de cette stratégie 2026-2030 repose sur la modification des comportements à risque, responsables de près de quatre diagnostics sur dix : « Les principaux enjeux, c'est de développer la prévention des cancers. Aujourd'hui, environ 40 % des cancers pourraient être évités par des actions sur les comportements et l'environnement : renforcement de la prévention contre le tabac, réduction de l'alcoolisme, protection contre l'exposition aux rayons ultraviolets, et prévention par la vaccination contre le papillomavirus, et ce dès le plus jeune âge. »
Sur le front du tabagisme, les efforts commencent à porter leurs fruits. Le taux de fumeurs quotidiens dans la région est descendu de 29 % en 2021 à 20,9 % aujourd'hui (et de 26 % à 16,6 % chez les jeunes en 2025), avec une cible fixée à 18 % d'ici 2030 grâce à des programmes probants menés dans les collèges, lycées et CFA en lien avec l'Éducation nationale.
Dépistage du sein : l'objectif réaliste de 42 % et l'atout du Mammobile
Autre chantier majeur : relancer la participation au dépistage organisé du cancer du sein, qui stagne à seulement 31 % en Paca : « On a essayé de donner un objectif réaliste : 42 %, ce qui n'est finalement pas énorme, mais si on ne donne pas un objectif réaliste, on n'y arrivera pas. Le dépistage organisé, c'est une mammographie, plus ou moins une échographie, et une double lecture par deux radiologues. C'est un dépistage de bien meilleure qualité que le dépistage individuel, et il est totalement pris en charge. »
Pour aller chercher les femmes les plus isolées, l'ARS mise sur la mobilité : « On a mis en place récemment le Mammobile, c'est un camion qui va se déplacer dans les zones les plus désertes et les plus difficiles d'accès pour permettre de faire ces examens et orienter ensuite les patientes vers des filières de prise en charge. »
La région Paca pilote pour le dépistage précoce du cancer du poumon
Notre région fait également partie des cinq territoires pilotes sélectionnés à l'échelle nationale pour tester le programme expérimental « Impulsion » : « L'idée, c'est de pouvoir s'adresser à des personnes entre 50 et 74 ans, fumeuses ou ex-fumeuses, qui pourront bénéficier d'un scanner thoracique à faible dose, très peu irradiant, pour détecter des cancers à un stade très précoce. Qui dit cancer à un stade précoce, dit un cancer qui est guérissable. Le cancer du poumon n'est pas toujours très symptomatique au départ. L'avantage du dépistage, c'est de réduire la mortalité. »
Réduire les délais d'attente et garantir l'équité pour tous les patients
Face à la maladie, le temps est un facteur clinique déterminant. La feuille de route régionale insiste sur la fluidité des parcours de soins : « Il y a des orientations sur la réduction des délais d'accès aux soins, en particulier pour certains cancers de mauvais pronostic comme ceux du poumon, du pancréas ou de l'ovaire, où chaque semaine compte. Il faut que les patients soient rapidement pris en charge pour avoir plus de chances d'être guéris. »
Le Dr Élodie Crétel-Durand souligne enfin l'impératif de justice sociale : « Un autre enjeu, c'est de garantir l'équité entre les populations. Une attention particulière sera portée aux adolescents et jeunes adultes (AJA), aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap et aux populations les plus éloignées du système de santé, grâce à des médiateurs en santé et des actions d'aller-vers. Cela demande des moyens et du personnel, mais aussi un dialogue permanent avec les soignants de terrain qui sont en première ligne. »
Les chiffres clés du cancer en Provence-Alpes-Côte d'Azur
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311 500 personnes concernées en 2023 (147 200 en traitement actif et 171 000 en surveillance)
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44 500 nouveaux patients pris en charge en 2023 (+9,2 % depuis 2017)
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13 500 décès par an, dont 58 % d'hommes (25 % de la mortalité globale régionale)
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Taux de mortalité : 185 décès pour 100 000 habitants en Paca (moyenne France : 195)
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Objectif dépistage sein : passer de 31 % à 42 % de participation d'ici 2030
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