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"On assure de la continuité sociale" : boulangers et fleuristes artisans se préparent pour le 1er Mai

3min

Par Maritima 01/05/2026 à 06:07

Boulangers et fleuristes artisanaux s'apprêtent à ouvrir ce 1er-Mai, après l'appel du ministre du Travail à "l'intelligence collective" pour leur permettre de faire travailler leurs salariés volontaires sans être sanctionnés, une position saluée par les professionnels, mais fustigée par les syndicats.

"Dans 99% des cas", les fleuristes déjà partisans du travail le 1er-Mai envisagent d'ouvrir vendredi, indique Farell Legendre, président de la Fédération française des artisans fleuristes, joint par l'AFP mercredi.

Travailler ce jour-là est à ses yeux important pour toute profession "de proximité où on assure de la continuité sociale".

Il  assimile son activité au volet du code du travail qui prévoit d'autoriser l'activité le 1er-Mai en cas de service qui ne peut être interrompu, comme les livraisons alimentaires vers les hôpitaux.

"J'ai un EHPAD à côté et j'ai 60 pots de muguet", confie Farell Legendre, qui entend bien faire ses livraisons vendredi.

Selon Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie et boulangerie-pâtisserie française (CGAD), qui compte environ "35.000 boulangeries" adhérentes, près de "80%" des salariés souhaiteraient travailler vendredi, selon "un sondage interne", a-t-il indiqué à l'AFP. Ils sont payés le double en dédommagement.

Le débat sur le travail le 1er-Mai avait été relancé l'an dernier après que plusieurs boulangers se sont émus de contrôles inopinés, suivis d'amendes, pour avoir mobilisé des salariés pendant la fête du Travail, en infraction avec la législation.

 

"Ancré dans le marbre"

 

En avril 2025, Maxime Besnier, verbalisé par l'inspection du travail en 2024 comme quatre autres boulangers vendéens, avait lancé une pétition pour obtenir le droit d'agir en toute légalité, tandis qu'était déposée par des sénateurs centristes une proposition de loi allant dans le même sens: avoir le droit d'ouvrir le 1er-Mai avec des salariés volontaires.

Le gouvernement a finalement présenté mercredi un projet de loi qui prévoit qu'en 2027, artisans boulangers et fleuristes pourront faire travailler leurs salariés le 1er-Mai, ce qui n'est autorisé aujourd'hui que pour certaines activités ne pouvant être interrompues.

Maxime Besnier, installé actuellement comme artisan pâtissier près de Nantes, "espère" que le texte "sera ancré dans le marbre" prochainement.

"J'ai dû faire travailler mon mari, ma fille, ça a été un peu l'enfer" en 2025, confie à l'AFP Allison Bogard, artisane fleuriste et artiste à Cabourg, en Normandie, lassée de recourir à sa famille pour contourner le risque de sanction de l'inspection du Travail.

L'affluence des touristes ne permet pas de chômer, "les jours fériés, on ne sait pas ce que c'est...", dit-elle.

Mme Bogard souhaiterait qu'on aborde aussi la question des vendeurs à la sauvette. Elle décrit des "dizaines de stands" installés avec des compositions florales de muguet violant, selon elle, la législation sur la vente de cette fleur le 1er-Mai.

En général encadrée par des arrêtés municipaux, celle-ci doit se plier à plusieurs règles, explique le site du service public: le muguet doit être cueilli "dans les bois", "en petite quantité", sans ajout "d'autres fleurs", la vente doit se faire sans meubles matérialisant un "point de vente" et sans gêner les fleuristes alentour.

 

"Laissé le choix"

 

Eva Diara, fleuriste parisienne installée à Montmartre, regrette que certains mandataires écoulent "leur stock" d'invendus auprès de personnes qui, ensuite, revendent ces brins de muguet dans la rue à prix réduit.

En 2025, les foyers français ont dépensé 19,9 millions d'euros pour l'achat de muguet, selon une étude réalisée à partir du panel consommateurs Kantar.

A contrario du soulagement des artisans fleuristes et boulangers, les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU) ont dénoncé "l'ouverture de la dérogation au principe du repos rémunéré le 1er-Mai", une brèche dans le code du travail selon eux, dans une lettre commune publiée en mars.

Ils redoutent que le principe s'étende ensuite à d'autres professions et soulignent que la notion de volontariat "n'existe pas réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail".

Nesma B., salariée d'une boulangerie-pâtisserie artisanale à Vincennes (Val-de-Marne), assure à l'AFP que travailler ou non le 1er-Mai relève bien de sa volonté: "Notre patron nous a toujours laissé le choix", assure-t-elle.

 

© Agence France-Presse

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