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Marseille : aux Réformés, le café et la soupe d’Emmaüs réchauffent aussi les coeurs

3min

Par Maritima 24/01/2026 à 08:00

Du mardi au vendredi, dès l’aube, le camion de la communauté Emmaüs Pointe-Rouge attend les plus démunis sur le square Stalingrad. Entre distribution de petits-déjeuners et soupes maison, notre reporter Laurence Durandau a suivi pour le "Fil Rouge Maritima" ces compagnons qui luttent contre la précarité au cœur du 1er arrondissement de Marseille. Immersion

Le ciel est gris mais l'odeur du café corsé et des légumes mijotés apporte une chaleur immédiate. Autour de la fontaine des Danaïdes, les visages s’éclairent à l'ouverture du camion Emmaüs. Ici, la solidarité ne prend pas de vacances : du mardi au vendredi, en deux temps à 7h30 puis à 10h30, l'équipe répond présent pour ceux qui n’ont rien, ou si peu.

 

 

Sarah Boissy : « Nous vivons uniquement du fruit de notre travail »

Au micro de Maritima, Sarah Boissy, co-responsable de la communauté Emmaüs Pointe-Rouge, rappelle une spécificité forte du mouvement : « Les communautés ne touchent aucune subvention de l’État. Nous vivons du tri, de la récupération et de la vente. C’est ce travail qui nous permet de faire vivre une soixantaine de personnes et de mener ces actions de rue. »

Ici, on ne parle pas de bénévoles, mais de compagnons. Des travailleurs solidaires, hébergés par la communauté, qui redonnent à la ville ce qu'ils ont reçu.

 

 

Thierry et David : les "maîtres" de la soupe solidaire

Chaque matin, c'est un rituel millimétré. Environ 20 litres de café et 10 litres de lait sont distribués en première partie de matinée. Puis vient l'heure de la soupe. Thierry, compagnon depuis sept ans, est fier de sa recette : « On met du potiron, des pommes de terre pour la base, des carottes, des oignons et du chou. Et bien sûr, une petite touche de crème pour la gourmandise ! ».

David, son binôme, veille à ce que personne ne reparte le ventre vide. Pour eux, au-delà de l'aide alimentaire, c'est l'écoute qui prime. « On finit par connaître leurs habitudes, leurs prénoms. On leur demande s’ils ont besoin de manteaux, de chaussures ou de duvets », explique Sarah.

 

 

Claude et Chantal : « C’est un moment clé de ma journée »

Parmi les bénéficiaires, on croise tous les profils. Si les hommes restent majoritaires, Sarah note une augmentation inquiétante du nombre de femmes et de jeunes en situation de grande précarité.

Pour Claude, habituée du quartier, ce rendez-vous est vital : « Je commence ma journée par cette soupe. C'est l'occasion de retrouver des gens que je connais, d'avoir un lien social. L'équipe est superbe et la soupe est vraiment très bonne. » Chantal, une autre bénéficiaire, confirme dans un sourire : « Elle est excellente et l'accueil est très aimable. »

 

 

La seconde main au service de l'humain

Le "Fil Rouge" s’est poursuivi rue Colbert, au numéro 3, dans l’une des boutiques Emmaüs du centre-ville. On y croise Fatima, Olsi et Yassine. Ce dernier également compagnon gère les dons de vêtements et d'objets avec soin. « Tout ce que les gens nous ramènent est trié à la Pointe-Rouge avant d'être mis en vente ici », explique-t-il.

Devant les rayons bien fournis et parfaitement agencés, on croise des clients de tous horizons comme Malika, marseillaise fidèle depuis 5 ans, Marianne venue tout droit du Massasuchetts ou encore Aimée, plasticienne en provenance de Béziers. Cette artiste globe trotteuse en quête de pépites pousse la porte pour la première fois : « Je suis toujours curieuse des objets de seconde main. Les produits neufs n'ont pas l'âme que l'on trouve ici, et puis c'est une façon de contribuer aux missions d'Emmaüs. »

 

 

Dernière escale à la Pointe Rouge au local de la communauté. L'heure est à la pause déjeuner bien méritée pour l'ensemble des compagnons. En cuisine, le chef Kada et son second Mouloud s'affairent autour du plat du jour : pavé de saumon et riz épicé pour une centaine de couverts ce midi. En salle, Houdou, Laye-Yacouba et Hamid s'accordent un moment de détente et partagent surtout un temps d'échange autour d'une délicieuse assiette avant de reprendre leurs missions respectives de chauffeur, déménageur ou encore trieur de dons.  

Textile, vaisselle, mobilier en bon état, les dons sont les bienvenus au 110 traverse Parangon dans le 8ème arrondissement. Et si vous avez du temps à accorder, l'équipe se fera un plaisir de vous renseigner ! Rendez-vous également sur les réseaux sociaux d'Emmaüs, Facebook et Instagram.

 

À Marseille, où l'on recensait encore 16 000 personnes ayant connu la rue au moins une fois en 2025, l'action de la communauté Pointe-Rouge reste un rempart essentiel contre l'exclusion.

 

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