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« Elles ne connaissent pas le code de la route » : l’étonnant défi de la Côte Bleue face aux chèvres sauvages

3min

Par Maritima 08/06/2026 à 08:43

Sur les ronds-points, au bord des routes départementales et parfois même au seuil des jardins, les chèvres sauvages sont devenues des figures familières – et inquiétantes – du paysage de la Côte Bleue. Si leur présence amuse certains touristes, elle représente un danger réel pour la sécurité routière. Entre crainte d'accidents et protection animale, la ville de Châteauneuf-les-Martigues déploie des solutions innovantes.

 

Un danger quotidien sur les routes

Le constat est sans appel : les troupeaux de chèvres sauvages sont omniprésents. Pour les riverains et les usagers de la route, la cohabitation devient de plus en plus complexe. « J'ai plus peur pour elles, en fait, que pour moi », confie une conductrice. « Quand elles sont au rond-point, on se demande comment elles ont fait pour arriver là. »

Pour les deux-roues, la situation est encore plus critique. Un motard témoigne de son angoisse : « Sur la route, ça fait très, très peur. Pour les motos, pour les véhicules... Franchement, il faudrait faire quelque chose le plus rapidement possible. » La crainte d'une traversée imprévisible au détour d'un virage est dans toutes les têtes.

 

« Les voitures ne sont pas des prédateurs pour elles »

Face à cette problématique, la municipalité de Châteauneuf-les-Martigues ne reste pas les bras croisés. Monsieur Saglietti, adjoint au maire, explique la difficulté de la situation : « La problématique que l'on a, c’est par rapport aux automobilistes, mais aussi par rapport aux animaux eux-mêmes. Il faut les protéger. Elles ne connaissent pas le code de la route et, pour elles, la voiture n'est pas perçue comme un prédateur. »

Résultat : les chocs sont fréquents et souvent fatals pour les bêtes, tout en causant des dégâts matériels importants, voire des accidents corporels pour les conducteurs.

 

L'éco-pastoralisme : une solution durable

Plutôt que de subir cette prolifération, la commune a décidé de transformer ce problème en atout écologique. Un dispositif de capture et de réinsertion a été mis en place. « Le meilleur équilibre que l'on puisse trouver, c’est d'arriver à faire des trappages pour mettre les animaux en sécurité », précise l'élu.

Une fois capturées, les chèvres suivent un parcours précis :

  1. Suivi sanitaire : Elles sont prises en charge par des vétérinaires.

  2. Encadrement : Elles sont confiées à des bergers spécialisés.

  3. Entretien des massifs : Les troupeaux sont utilisés pour l'éco-pastoralisme.

Ces chèvres deviennent alors de véritables « débroussailleuses naturelles », intervenant dans des zones difficiles d'accès comme les abords des voies ferrées ou sous les lignes à haute tension. Ce dispositif permet également de protéger les exploitations agricoles voisines, dont les cultures étaient régulièrement « grignotées » par les animaux en liberté.

 

Reportage d'Océane Portelli pour Maritima.

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