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Grève du 5 novembre : « Des miettes sur les salaires », le syndicat Sud Rail PACA appelle à une mobilisation massive3min
Par Cassandre Amouroux04/11/2026 à 19:15
À la veille d'une nouvelle journée de mobilisation intersyndicale ce jeudi 5 novembre, la colère monte dans les rangs des cheminots de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Négociations salariales jugées dérisoires, manque criant de moyens dans le rail et solidarité avec la jeunesse mobilisée : Frédéric Michel, délégué syndical Sud Rail PACA, était l'invité ce soir de Maritima Radio pour détailler les revendications du mouvement.
Face à une inflation persistante et à la flambée du coût de la vie, le rendez-vous annuel obligatoire sur les salaires organisé avec la direction du groupe ferroviaire a tourné au bras de fer hier selon le délégué syndical. Les quatre fédérations représentatives appellent ensemble à cesser le travail pour exiger de véritables hausses de rémunération et la défense du service public. « Les cheminots seront présents, j'espère le plus massivement possible, essentiellement sur deux revendications. La première, sur des questions de pouvoir d'achat, de salaires et de répartition des richesses. La deuxième, qui rejoint le mouvement lycéen et étudiant, sur des moyens pour le service public ferroviaire qui pâtit d'années de non-développement où l'on a privilégié la route », estime Frédéric Michel, délégué syndical Sud Rail PACA
Ce qui attise particulièrement la rancœur des agents, c'est le décalage vertigineux entre la santé financière de l'entreprise ferroviaire et les propositions faites au personnel de terrain : « Les fédérations syndicales étaient reçues par la direction de la SNCF pour une négociation salariale qui a été une véritable catastrophe. On a titré le tract qu'on distribue en ce moment 'Encore des miettes !'. La SNCF a fait 2 milliards de bénéfices en 2025, 1,2 milliard au premier semestre 2026, et là on a essentiellement une prime, que tous les cheminots vont prendre évidemment car la situation est compliquée, et de très très maigres revalorisations en centimes pour les allocations kilométriques ou le travail de nuit et de dimanche. C'est censé compenser ce qu'on met en plus dans le plein d'essence ou dans le frigo, mais c'est parfaitement insuffisant ! »
Convergence avec les lycéens : « Ils ne demandent pas la lune »
Les cheminots de la région affichent également un soutien appuyé au mouvement des lycéens et étudiants qui secoue Marseille et le département depuis plusieurs semaines : « Beaucoup de cheminots sont pères ou mères de famille dont les enfants sont dans la rue depuis plus d'un mois, donc forcément ils se reconnaissent dans ce mouvement. Mais les célibataires aussi, parce que qu'est-ce qui est demandé ? C'est de mettre des moyens pour les services publics, notamment l'éducation qui prépare les citoyens de demain. C'est bien qu'on puisse leur donner de bonnes conditions d'études, ils ne demandent pas la lune, simplement de travailler correctement ! »
« Il n'y a strictement rien qui ruisselle » : le modèle économique dans le viseur
Pour Frédéric Michel, la question des moyens alloués à l'hôpital, à l'école ou aux transports du quotidien relève d'un choix politique fondamental, alors que les débats budgétaires s'ouvrent au Parlement : « De l'argent, il y en a ! La Cour des comptes mentionnait plus de 200 milliards d'euros d'aides diverses, de subventions ou d'exonérations données aux entreprises sans aucune contrepartie. Ce n'est plus possible aujourd'hui ! 10 milliards pour les lycéens et étudiants c'est possible, des moyens pour développer le service public ferroviaire c'est possible, pour l'hôpital c'est possible. »
Le représentant syndical fustige les discours gouvernementaux sur la politique de l'offre : « On a un gouvernement qui nous a raconté pendant des années qu'il ne fallait pas taxer les riches pour que ça puisse ruisseler. Il n'y a strictement rien qui ruisselle ! D'où la grève de demain pour exiger une autre répartition des richesses. Ce sont les cheminots, les hospitaliers, les profs qui font tourner le pays. Il faut mettre les moyens pour ceux qui font tourner le truc, et pas pour enrichir des multinationales. »
Infos pratiques
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Mobilisation : journée de grève et de manifestations interprofessionnelles
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Date : jeudi 5 novembre 2026
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Prévisions de circulation : des perturbations sont attendues sur les lignes TER du réseau PACA. Les usagers sont invités à vérifier l'état du trafic en temps réel sur le site et l'application SNCF Connect ou TER PACA
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Manifestations locales : rendez-vous revendicatifs organisés dans les principales villes des Bouches-du-Rhône (Marseille, Martigues, Arles, Aix-en-Provence) à l'appel de l'intersyndicale
A lire aussi. Grève du jeudi 5 novembre : métro, tramway, bus, le point complet sur les perturbations RTM à Marseille et dans la Métropole
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