Salon-de-Provence
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Santé,
Social
« Un avion sans aucun pilote » : à l'Hôpital de Salon, FO Santé dénonce la détresse des soignants et des patients3min
Par Manuel Danloy05/11/2026 à 16:11
Point d'indice gelé face à une inflation galopante, agents payés sous le Smic complétés par de « fausses primes », pénurie critique de lits et dirigeants jugés totalement déconnectés du terrain : la colère gronde fort dans les couloirs hospitaliers lors de cette journée de mobilisation. Invitée ce midi sur Maritima Radio, Magali Brotons, représentante FO Santé au Centre Hospitalier de Salon-de-Provence, livre un réquisitoire sans concession contre la dégradation continue du système de soins.
Alors que les cortèges interprofessionnels rassemblaient salariés du public, du privé, lycéens et étudiants partout dans les Bouches-du-Rhône, la représentante syndicale rappelle que le malaise des blouses blanches s'enracine dans une crise humaine et financière devenue insoutenable au quotidien : « Depuis plusieurs années, moi je suis à l'hôpital public, on voit que les salaires sont gelés, le point d'indice est gelé alors que l'inflation est galopante, ça crée des situations affreuses ! Si on vient corréler ça avec la difficulté dans les services de soins, la difficulté des agents hospitaliers à prendre en charge nos patients... Quelqu'un qui n'a pas les moyens de bien se nourrir, de bien se loger, de faire un plein d'essence, c'est extrêmement compliqué ! », révèle Magali Brotons, représentante du syndicat FO Santé à l'Hôpital de Salon-de-Provence
« Des ministres totalement hors-sol » : l'anecdote cinglante du carburant
Ce qui exaspère particulièrement les personnels de santé de Salon-de-Provence, c'est l'immense décalage entre la réalité des fins de mois des agents et les déclarations des représentants de l'État : « Quand on voit des ministres... Au niveau de la santé, on a changé une dizaine de fois de ministre depuis les gouvernements Macron. Mais quand je vois qu'un ministre aujourd'hui nous dit qu'un plein d'essence est à 45 euros, moi j'aimerais bien savoir où est-ce qu'il fait son plein, moi ça m'intéresse ! On a des personnes qui sont totalement hors-sol, on a un avion qui va je ne sais où sans aucun pilote ! »
Un sentiment de flottement institutionnel renforcé par l'actualité politique et budgétaire nationale : « Quand on voit un budget rejeté avec 458 votes contre et zéro vote pour, j'ai envie de poser la question au gouvernement et à Monsieur Macron en particulier : où est-ce qu'on va ? Dans quel désastre ils nous mènent ? Aujourd'hui oui, il y a une convergence des luttes, une convergence des souffrances et il faut vraiment que ça s'arrête ! »
Des catégories B et C rémunérées sous le seuil légal du Smic
Sur le plan matériel, la situation salariale au sein de l'hôpital public de Salon atteint des paradoxes inacceptables, masqués par des artifices comptables : « Il n'y a rien qui change. Vous reprenez les interviews ou les tracts qu'on a pu faire il y a cinq ans, c'est toujours la même chose : on manque de moyens, on manque de lits, on nous oblige à mutualiser... On a des catégories à l'hôpital, des catégories B et C qui n'atteignent même pas le Smic ! Il faut leur coller des fausses primes pour atteindre le barème du Smic, c'est inadmissible ! »
Pour Magali Brotons, la question n'est pas idéologique mais vitale : « Moi je fais du syndicalisme, je ne fais pas de la politique. Ce qui m'intéresse, ce sont les droits des agents, le droit des salariés, et le droit de la population particulièrement à l'accès aux soins, à des soins de qualité. Je n'ai rien contre les personnes qui gagnent beaucoup d'argent, mais il faut de l'argent pour tout le monde, il faut qu'on nivele vers le haut ! Il faut qu'en France les citoyens et les travailleurs aient de quoi se nourrir et de quoi avoir une vie digne, à hauteur de notre pays et à hauteur des cotisations fournies. »
Les principales revendications portées par FO Santé
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Revalorisation immédiate du point d'indice et refonte des grilles pour que plus aucun agent hospitalier ne débute sous le Smic
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Arrêt des fermetures de lits et réouverture de places d'hospitalisation adaptées aux besoins de la population du pays salonais
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Fin des mutualisations forcées de services qui épuisent les soignants et dégradent la sécurité des prises en charge
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Conditionnement des financements publics à l'amélioration concrète des conditions de travail et des effectifs au chevet des malades
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