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Evacuation de mineurs isolés à Marseille : la ville condamne une expulsion qui "laisse des jeunes à la rue à la veille de la rentrée scolaire"2min

Par Jean-Michel Darras29/08/2025 à 14:30
Plus d'une vingtaine de jeunes migrants ont été évacués ce matin du kiosque Léon Blum à Marseille. Un kiosque qu'ils occupaient depuis début juillet. La ville de Marseille condamne le recours aux forces de l’ordre contre ces jeunes en demande d’hébergement" et rappelle "qu’elle n’apporte et n’apportera aucun soutien à des évacuations sans mise à l’abri pour tous".
Si l'évacuation du kiosque Léon Blum occupé depuis le 4 juillet s'est déroulée dans le calme et sans incident ce matin, elle laisse de nombreux mineurs sans solution d'hébergement. Cette action menée par la préfecture est vivement critiquée par la ville de Marseille. Pour Audrey Garino, adjointe au maire de Marseille : "Ce matin, les 24 jeunes déminorisés installés au kiosque de la place Léon Blum ont été évacués sans prise en charge sur décision unilatérale de la préfecture. Nous condamnons, une nouvelle fois, le recours aux forces de l’ordre contre ces jeunes en demande d’hébergement".
La ville de Marseille rapporte que "depuis presque deux mois, la mobilisation quotidienne de nombreux solidaires et le concours des services municipaux pour la fourniture d’eau, de repas, de kits hygiène et l’accès à des douches, a difficilement pallié l’absence de propositions de prise en charge par l’Etat, unique pilote en matière d’attributions des places d’hébergement. Si une douzaine de jeunes a pu être pris en charge ces derniers jours au regard de la forte dégradation de leur santé, l’expulsion réalisée ce matin, sans accord de la municipalité, laisse ces jeunes à la rue à la veille de la rentrée scolaire".
"Le recours à la force et l’absence de dialogue désormais privilégiés"
"Malgré une baisse du nombre de mineurs non accompagnés arrivant à Marseille, nous déplorons que depuis plusieurs mois le recours à la force et l’absence de dialogue soient désormais privilégiés", ajoute l'élue marseillaise qui rappelle que "la Ville soutient depuis 5 ans la construction de réponses à travers l’aide au tissu associatif mobilisé auprès de ces publics et le soutien à la création de près de 500 places d’hébergement d’urgence et d’un accueil de jour où ils peuvent bénéficier d’un accès à l’hygiène, à des repas, et d’un accompagnement".
Selon Audrey Guarino, "malgré de multiples interpellations de la Ville durant l’été, nous n’avons reçu aucune réponse à nos demandes de mise à l’abri de l’ensemble des jeunes déminorisés présents au sein du kiosque et de création de dispositifs d’hébergement dédiés aux jeunes. Nous demandons, une nouvelle fois à l'État, seul compétent en matière d'hébergement, de respecter ses prérogatives et ses partenaires, en assurant des propositions de mises à l’abri dignes pour tous".
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